images

Ce roman immense se déploie autour d'un violon d'exception, datant du début du XVIIIème siècle, qui traversera les époques et les siècles en recueillant sur son trajet toutes les formes du mal dont l'homme est capable.
Ni l'art, ni l'érudition ne sont capables d'enrayer les racines de ce mal qui se conjugue actuellement, ainsi que le démontre le héros de cette histoire formidable, aux temps de la lâcheté qui ne veut rien entendre sur les retentissements de sa soumission à plus puissant que lui, et à celui de cette avidité qui ne veut rien savoir sur la provenance de ce qu'il convoite.
Tel ce violon enfermé dans un coffre au code secret, l'homme adonné au mal étouffe en lui ces savoirs essentiels dont le code d'accès est le regard douloureux de l'Autre qui dans son « pourquoi ? » muet l'invite à la justice.
Et même le confiteor qui s'ensuit, toujours trop tardif, même la réparation toujours exercée par contumace n'effaceront le mal dont l'autre aura eu à souffrir.

Ne pas vouloir savoir n'est-ce pas ce que nous effectuons, nous tous, et chaque jour, en consommant aveuglément et en agissant sous la loi de notre bon plaisir ? A quoi un Lévinas, dans la rigueur de sa pensée, nous répond, reprenant le propos de Dostoïevski dans les Frères Karamazov « Nous sommes tous coupables de tout, devant tous, et moi plus que quiconque »